Architecte d’intérieur et designer de meubles, Marine Bustros combine techniques traditionnelles et matériaux innovants, comme la pierre semi-précieuse ou un simple treillis métallique, pour créer des pièces uniques. elle estime que chaque projet en vaut la peine, car il génère des émotions et de nouvelles rencontres. C’est aussi une expérience humaine à renouveler autant de fois sur différents sites: maisons ou appartements privés, hôtels ou restaurants… Chaque projet est le début d’une histoire qui implique l’architecte et le client en tant qu’acteurs principaux définissant un mode de vie.


Avez-vous toujours voulu devenir architecte d’intérieur?

C’est en accompagnant ma mère, férue d’art, aux expositions, galeries d’art et musées que naît mon intérêt pour le domaine. Ses acquisitions ont également suscité mon engouement pour les arts décoratifs et le design. Du coup, lorsque j’ai intégré l’Académie libanaise des Beaux-arts (Alba), j’ai, au départ, oscillé entre architecture et architecture d’intérieur, mais le choix s’est très vite imposé. Très jeune, je sentais intuitivement que je me retrouvais le mieux dans un domaine lié, d’une façon ou d’une autre, à l’art. J’avais pensé d’abord à la bande dessinée, mais j’ai préféré me diriger vers l’architecture d’intérieur.


Comment le temps que vous avez passé à l’Alba et à la Scuola Politecnica di Design (SPD) à Milan vous a-t-il aidée à développer votre empreinte?

Les deux institutions m’ont permis d’explorer des axes totalement différents, mais qui se complètent. A l’Alba, j’ai appris à donner libre cours à ma créativité et à compter sur mon intuition artistique. La SPD m’a inculqué les règles du business du design, donc donné les moyens techniques pour compléter cet apprentissage. J’ai alors eu la chance de décrocher des stages à Lombardini 22, à Sawaya & Moroni et, plus tard, un poste dans une agence réputée, Gatserelia Design, où j’ai pu mettre en pratique tout ce que j’avais appris. 


Vous n’aviez que 28 ans lorsque vous avez décidé de lancer votre cabinet d’architecture d’intérieur. Aviez-vous des réticences?

Je m’étais promis de me mettre à mon propre compte à l’âge de 30 ans. J’ai vécu une expérience intense et plus qu’enrichissante à Gatserelia Design. Un jour, forte de ce savoir-faire, j’ai réalisé que j’étais prête à franchir le pas. Au début, cela me faisait un peu peur, mais l’inconnu suscite l’enthousiasme. Je voulais créer des designs abordables sans sacrifier la qualité ; ma passion et ma détermination m’ont aidée à avancer. J’ai enfin créé mon propre studio “mb design”.


Pouvez-vous décrire quelques-uns des projets qui vous ont été confiés?

J’ai eu la chance d’être impliquée dans un large panel de projets allant de la création de pièces de mobilier jusqu’à la conception de résidences, de boutiques ou d’espaces commerciaux. L’un des plus récents est particulièrement gratifiant ; il s’agit de trois des nouveaux locaux de la pâtisserie Noura (centre-ville, Zalka et Sassine). Les clients ont exprimé un souhait clair ; ils voulaient une évolution et non pas une révolution, en quelque sorte honorer la tradition de longue date de la maison Noura tout en innovant. J’ai donc combiné des éléments traditionnels, tels que le bois et le cuivre, avec des touches modernes de couleurs et d’éclairage. 


Comment abordez-vous votre travail?

Il est très important de discuter avec les clients au début et de découvrir leur personnalité et leurs affinités, afin d’éclaircir certains détails et parfois les aider à exprimer leurs besoins et désirs. J’essaie, donc, tout d’abord d’obtenir d’eux quelques mots clés pour définir leur attente.