Placé au coin d’une rue, dans l’un des faubourgs huppés du Koweït, un drôle d’origami, fait de béton armé, étincèle au soleil. Il s’étale sur 1 300 m2, complètement clos aux habitations avoisinantes, plus traditionnelles. Sa valeur totémique, un rocher de blanc vêtu, comme s’il avait migré du désert tout proche, est l’idée d’AGi Architects. Un home qui se fond dans son environnement tout en s’y démarquant. La structure, en se calfeutrant sur elle-même de l’extérieur, pivote sur sa charpente, s’ouvrant de plus en plus jusqu’à son centre, qui abrite une vaste cour, autour de laquelle s’articulent les espaces de vie. Respectant les principes de l’architecture musulmane habituelle, son design rejette les couloirs pour une approche plus conviviale. Ainsi chaque pièce se connecte-t-elle aux autres comme au foyer du milieu, par plusieurs routes. Les aires de chaque chambre y sont plus petites que les normes locales, mais gagnent en flexibilité. Ici, la raison d’être d’une surface se transforme en fonction des particularités de l’heure, plutôt que de la rigidité usuelle qui délimite les salles d’un logis. Au-delà de cet intérieur épanoui, la villa ne se montre à son entourage que par transparences limitées. Les percées sur l’avenue sont rares et servent à prévenir les vues inopportunes et l’excès de soleil plutôt qu’à s’y projeter!