Avant de s’établir à Beyrouth, Tatiana Lati a travaillé auprès de Jean Nouvel et de Jean-Paul Viguier à Paris. Voulant mettre son appartement, situé au 17e étage d’une tour neuve de la rue Abdel-Wahab, à Achrafieh, à la disposition de ses deux filles, le propriétaire donne carte blanche à l’architecte pour le transformer. Lati repense alors les lignes et les hauteurs, démolit des murs pour garder le lieu assez fluide et ouvert, lui donnant ainsi une touche moderne, loin de l’architecture des logements traditionnels libanais qui misent sur la séparation entre l’aire où l’on reçoit et celle où l’on vit. Ce sont des matériaux nobles qui sont utilisés, notamment l’ébène de macassar, pour mieux délimiter l’espace. Ce bois revient dans les portes de l’habitation et dans certains des meubles dont la majorité est signée par des marques italiennes comme Piero Lissoni. La pierre de lave, elle, est choisie pour les salles de bains. L’architecte utilise la lumière filante dans de nombreuses pièces de la maison, au plafond ou à l’embrasure des portes, pour mieux marquer les surfaces. Cadre des portes, niches et meubles donnent aussi une parfaite impression d’aligné.