Une sélection transdisciplinaire de 200 œuvres – dont certaines sont exposées en France pour la première fois – provenant des six départements du MoMA et reflétant l’histoire de l’institution et de ses collections, occupe entièrement l’immeuble de la Fondation Louis Vuitton (FLV), conçu par Frank Gehry. Organisée conjointement par les deux institutions, l’exposition réunit des pièces sélectionnées par le directeur et le conservateur du musée parmi les peintures, sculptures, dessins, estampes, photographies, films, œuvres numériques, performances, objets d’architecture et de design qui, par leur diversité, illustrent les multiples facettes des collections du musée. Elle est pensée en relation avec l’architecture et les espaces du bâtiment de la FLV, offrant un parcours historique et riche en surprises, sur ses quatre étages. Etre moderne propose des merveilles d’artistes comme Jasper Johns, Max Beckmann, Ernst Ludwig Kirchner, Pablo Picasso, Alexander Calder, Paul Cézanne, Marcel Duchamp, Walker Evans, Yayoi Kusama, René Magritte, Henri Matisse, Ludwig Mies van der Rohe, Gustav Klimt, Frank Stella ou Paul Signac... Les salles présentent, en outre, du matériel documentaire, inédit et issu des archives du MoMA, relatant son histoire et permettant de contextualiser les pièces exposées. Créé en 1929, le Museum of Modern Art est l’un des premiers musées à se consacrer aux arts de l’époque. Etre moderne offre un grand éventail d’ouvrages acquis par le Musée d’Art Moderne au fil des décennies, depuis les premiers grands mouvements de l’art moderne jusqu’aux œuvres numériques les plus récentes, en passant par l’expressionnisme abstrait, le minimalisme et le pop art. L’exposition s’ouvre sur la première décennie du MoMA avec des représentations et des toiles iconiques, comme House by the Railroad d’Edward Hopper (acquis en 1930), Le Baigneur de Paul Cézanne (1934), Posed Portraits, New York de Walker Evans (1938), Steamboat Willie de Walt Disney (1936) et des objets utilitaires, industriels, comme une hélice de hors-bord et un roulement à billes (1934). Elle se poursuit dans l’après-guerre avec des travaux de Jackson Pollock (Echo: Number 25) ou de Willem de Kooning (Woman I). La section suivante est consacrée au minimalisme et au pop art. Apparus dans les années 60, ces deux mouvements majeurs y sont présentés dans un dialogue entre la peinture, l’architecture, la sculpture et la photographie. L’exhibition s’intéresse ensuite à d’autres œuvres postérieures à 1960, tout en jetant un regard introspectif sur l’histoire de l’Amérique avec le travail d’artistes comme Romare Bearden, Jeff Wall et Cady Noland. La dernière section, à l’étage supérieur de la fondation, se concentre sur des ouvrages contemporains du monde, dont la plupart ont été acquis par le musée au cours des deux dernières décennies. On y voit par exemple un grand tableau de Kerry James Marshall, Untitled (Club Scene, acquis en 2015), et le jeu original des 176 emoji dessinés par Shigetaka Kurita (acquis en 2016).